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  • Camille

Qu'est-ce que ça fait de marcher une heure en silence?

Le 12 mai 2019 nous proposions notre première marche en pleine conscience, dans le 19e arrondissement. J'avais créé un parcours spécialement pour l'occasion et Hiroko encadrait la partie "méditative" de la marche. Deux séances ont eu lieu, une le matin et une l'après-midi. Chantal a participé à la séance du matin, c'était une belle matinée de printemps, il faisait beau, le ciel était bleu azur sans un nuage, et la fraîcheur d'une légère brise un peu capricieuse était finalement la compagne de route parfaite...

Je vous livre ici les réflexions de Chantal dans sa version intégrale!

Bonne lecture!


Participez à la prochaine marche méditative

La marche méditative


Marcher, en groupe, en pleine conscience ( dans la ville ou ailleurs …)

Marche, groupe, conscience. Si ces trois termes reflètent les préoccupations de notre société et de ses individus, en pleine interrogation sur leur devenir, abandonnant de plus en plus leur vécu et leur mémoire à des machines, ils pourraient aussi bien s’apparenter à une mode du moment ! Mais force est de constater que ces questions ont préoccupé de nombreuses sociétés et ce depuis bien longtemps, sur tous les continents.

Depuis tant d’années de pratique méditative (cours de yoga, sophrologie, appli « petit bambou » et compagnie, atelier de coaching,…), je viens enfin d’appréhender concrètement le sujet grâce à la marche méditative de ce dimanche.


La dimension du groupe, l’être ensemble que procure la marche, en groupe, dans un choix de silence partagé, ça change tout ! Alors que, jusque là, je ne pouvais envisager cette pratique méditative que dans un lieu protégé de toute perturbation, humaine, sonore, sensorielle, j’ai pu mieux ressentir et comprendre l’action de me recentrer sur moi-même, sur mon propre souffle en restant connectée aux autres, à l’environnement, donc au monde, en pratiquant à l’extérieur et en mouvement. Ce recentrage oblige à faire cet exercice qui consiste à situer la plus intime perception de soi (le souffle) dans l’horizontalité, dans l’horizontalité du groupe de marcheurs constitué. J’en ai apprécié l’absence de chef, de professeur, et cependant la présence de guides bienveillantes !


Vient ensuite la progression dans la sphère humaine hors groupe : les passants, la présence humaine matérialisée de l’espace public, les noms de rue, le dedans des vitrines, tout ce qui se lit dans et sur ces vitrines. L’humanité, aussi, dans les sons des voix, des phrases accrochées ici où là par le cerveau, puis qui s’envolent comme les graines de pissenlit. Arrive alors, la verticalité, la possibilité de se sentir sur l’asphalte, le sol, la terre, le cœur de cette planète, la sensation d’être ancrée pour pouvoir s’étirer mentalement, physiquement, vers les arbres, le soleil, les nuages, le ciel…


La marche est mise en action, rythmée par les pas, le souffle, le mouvement du groupe qui se déplace, la sensation de sécurité du groupe, du cocon, me permettra de ne pas être interpellée trop vite, voire pas du tout. Le parcours est déterminé, pas de question à se poser sur les directions, suivre ce mouvement fluide du groupe, la présence légère et solide du guide.


Les sens, petit à petit… La perception des pensées qui arrivent, qui repartent, grâce à l’état de veille de la pleine conscience. Le retour simplement vers le souffle, tel qu’il est, sans porter de jugement, tranquillement. La perception des sons, de la ville, des paroles humaines hors du groupe, de ce groupe auquel on est rattaché, la perception des variations d’intensité des sons, des sensations, de chaud, de froid, d’inclinaison du sol… Tout concourt à ressentir cette sensation d’être dans le film, dans la scène qui se déroule, mais d’y être hors champ. En In et en Off à la fois. Comme dans un rêve éveillé mais sans la voix qui guide. Ici, dans cette marche, l’effacement du guide permet la pleine conscience car elle oblige le centrage là où la voix qui guide créerait le déséquilibre, limiterait l’autonomie.


Il faut bien une heure de marche pour éprouver toutes ces sensations, pour se maintenir dans un état de pleine conscience, et s’y sentir plus à l’aise, sans jugement sur ses propres capacités ni celles des autres, pour se sentir bien dans la posture au point de pouvoir suspendre la marche, un instant, contempler une fleur, un mur, un regard, un paysage, toujours dans cette invitation au silence intérieur, pouvoir répondre à un « bonjour », en pleine conscience, sans peur de rompre le silence intérieur.


La vue, le regard sont sollicités différemment. Au début, je démarre en regardant mes pieds, comme pour ne pas me laisser distraire. Dès que les yeux tombent sur des lettres, sur des mots, des affiches, un message est envoyé au cerveau, la peur d’être envahie arrive, puis progressivement le regard accepte l’image, le cerveau accepte la pensée, je ne me défends plus, j’observe et alors je peux enregistrer une image, une pensée, sans débat intérieur. Plus besoin de photographie numérique, l’image et sa légende sont mémorisées à l’intérieur de moi.


La marche méditative réactive notre capacité à mémoriser, à créer du souvenir, à accepter tout ce que le moment présent nous offre, à sortir de la virtualité quotidienne imposée.

Cette sensation de revenir à l’essentiel, ce retour sur soi et à ses capacités, loin de produire un repli narcissique étouffant, me ramène à un égoïsme nécessaire comme base d’ouverture à l’autre.


A travers cette expérience très personnelle, je constate que la marche méditative

c’est bon pour la santé, pour la sociabilité et la création de souvenirs partageables !

L’expérience de la marche méditative dans un autre milieu, comme les plages de Normandie, à marée basse, pieds nus sur le sable, serait un bon test de vérification des hypothèses avancées après cette toute première expérience. Il nous faut donc prévoir dès maintenant une date de repérage des lieux et de la faisabilité du projet !


Chantal

Paris le 12/05/2019.


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